Accès à l’eau et à l’assainissement dans le Kénédougou Action Contre la Faim plaide pour l’approche WASH’IN NUT

L’ONG Action Contre la Faim (ACF) a entrepris depuis le mardi 10 novembre 2020 une série d’ateliers à Bobo-Dioulasso entrant dans le cadre de l’amélioration des conditions de vie et d’existence des populations de la région des Hauts Bassins en général et celle de la province du Kénédougou en particulier. A la suite de l’atelier de plaidoyer sur le renforcement du système de santé, un autre atelier de même envergure s’est tenu tient toujours dans la ville de Sya, cette fois-ci dans les domaines de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement. Un lien étroit de cause à effet s’établit d’ores et déjà sur la thématique du jour avec celui de la santé et de la nutrition.

Selon des statistiques de la direction régionale de l’eau et de l’assainissement des Hauts Bassins publiées en 2019, 80% de la population de la province du Kénédougou continuent de pratiquer la défécation à l’air libre. Aussi 52,4% ont accès à l’eau potable, contre 67,3% au plan national, soit un écart négatif de 15 points. 22% du parc hydraulique de la province se trouvent dans un état de panne et  seulement 20,2% de la population provinciale disposent d’ouvrages de gestion des excrétas. A l’évidence c’est un tableau moins reluisant qui pointe à l’horizon et cela nécessite qu’on s’y intéresse, afin de sauver ce qui peut encore l’être et améliorer les conditions de vie et d’existence des populations.

C’est pourquoi, implantée dans la province du Kénédougou, l’organisation non gouvernementale Action contre la faim (ACF) a aussi commandité une étude  sur la gouvernance WASH dans 26 centres de santé et de promotion sociale (CSPS) de la province du Kénédougou. L’on peut retenir de cette dernière que  la gouvernance n’est guère reluisante. En effet, la région des Hauts Bassins a été choisie au regard du paradoxe que revêt  cette zone.,Une région à fort potentiel agricole, mais dont les indicateurs de développement ne sont guère encourageants. En effet, dans cette partie du Burkina Faso, 20, 7% des ménages n’arrivent pas à couvrir leurs besoins alimentaires. Cette défaillance entraine de lourdes conséquences sanitaires et environnementales. La détérioration  de la qualité de l’environnement est couplée à des comportements et des pratiques inappropriées, au manque d’infrastructures hydrauliques et d’assainissement, à la faible application des bonnes pratiques d’hygiène  et à la morbidité associée à la mauvaise qualité des services WASH.

Tous ceux-ci sont des facteurs qui contribuent  fortement  à la prévalence des maladies tropicales négligées et de certaines maladies telles que les diarrhées, le choléra, les intoxications alimentaires. La survenue de la pandémie à coronavirus (COVID-19) vient rappeler à souhait  l’impératif  catégorique  qui est l’intégration systématique  des bonnes  pratiques de l’hygiène dans le vécu quotidien de tous. Les services WASH constituent un maillon important dans l’offre de soins de chaque  centre de santé, quel que soit son niveau  dans la pyramide des établissements sanitaires du pays. C’est fort de ce  postulat que l’ONG Action contre la Faim a mis en œuvre un paquet d’activités, dont la réalisation d’ouvrages hydrauliques et la promotion de bonnes pratiques d’hygiène dans 21 centres de santé  de la province du Kénédougou, à travers l’approche WASH et WASH’IN NUT.  Pour le préfet du département de Orodara, Valérie BAMA, représentant le Haut-commissaire de la province du Kénédougou patron de la cérémonie, ce qui est attendu des participants venus de toute la région est de s’approprier la théorie WASH et de l’adopter dans les plans et stratégies de développement locaux.

Quand on allait  au Kénédougou avec le projet, affirme  le coordonnateur terrain d’ACF, Cheick Amed Ky, la province n’avait pas atteint  la moyenne nationale du taux d’accès à l’eau potable. 20% des ouvrages hydrauliques étaient en panne et il y avait des centres de santé qui ne disposaient d’aucun point d’eau potable, ajoute-t-il.  Il est difficile dans ces conditions de donner des soins de qualité, d’où l’organisation de cette campagne  WASH’IN UT, conclut-il. En tant qu’acteurs clés de la mobilisation sociale et d’incitation au changement  de comportement  des communautés, les participants à cette rencontre devront faire des propositions pertinentes afin d’endiguer tous ces problèmes sociaux communautaires. Pour y arriver ils devront s’inspirer des actions menées par ACF pour identifier les goulots d’étranglement  en vue de prendre des engagements forts, afin de contribuer à l’adoption des bonnes pratiques d’hygiène et à la bonne gouvernance WASH dans les centres de santé.

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