Burkina Faso: L’élection présidentielle en ligne de mire

Plus que 18 mois. Dix huit petits mois avant l’élection présidentielle qui devrait avoir lieu au Burkina Faso d’ici la fin de l’année 2020, en vue de renouveler le mandat du président Rock Marc Christian Kaboré ou de lui désigner un successeur. Décryptage d’un combat politique en téléchargement. 

Lentement mais sûrement, le Burkina Faso s’achemine vers l’élection présidentielle de 2020. Progressivement, les chapelles politiques se mettent en ordre de bataille. Côté pouvoir, le président Rock Marc Christian Kaboré a déjà laissé entendre depuis longtemps qu’il a bien l’intention de se succéder à lui-même pour un second mandat à la tête de l’Etat. Au Mouvement du peuple pour le progrès, le MPP son parti, le combat est de ce fait d’ores et déjà engagé pour permettre au chef de l’Etat de relever le défi de renouveler son bail au palais de Kosyam.

Depuis qu’il a quitté le gouvernement (suite à la formation du gouvernement, le 24 janvier dernier, du Premier ministre Joseph Marie Christophe Dabiré) Simon Compaoré, aux manettes du parti au pouvoir de fait depuis la mort de  Salifou Diallo (le défunt président du MPP et de l’Assemblée nationale), est visiblement dévoué à la tâche et à l’ambition de faire réélire le président du Faso. Vote des Burkinabè de l’extérieur oblige, on l’a ainsi vu parcourir le monde pour aller à la rencontre de ses compatriotes de la diaspora.

A l’intérieur du pays, jusque dans les hameaux les plus reculés comme les dirigeants du MPP le proclament, la mobilisation des structures bat actuellement son plein. A L’opposition, on n’est bien sûr pas en reste de cette course d’anticipation. Au contraire. S’il ne s’est jusque-là pas prononcé officiellement sur le sujet, il ne fait quasiment aucun doute que Zéphirin Diabré, le principal challenger lors de la présidentielle de 2015, sera cette fois-ci encore au départ de la compétition. Incontestablement, le patron de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) est un redoutable adversaire. Dans les coulisses, il sait certainement tirer avantage de son statut et de sa position actuelle de Chef de file de l’opposition politique (CFOP), pour de tisser des liens et nouer des alliances stratégiques qui seraient susceptibles de l’aider à renverser la donne et (pourquoi pas ?) terrasser Rock Kaboré en 2020.

Absent de la compétition en 2015 suite à l’invalidation de la candidature de son candidat de l’époque, tout porte à croire que l’ancien parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), sera bel et bien cette fois au départ. Troisième force politique en présence, le CDP peine cependant de ses divisions intestines. Qui d’Eddie Komboïgo (président du parti et candidat invalidé en 2015), de Kadré Désiré Ouédraogo – ancien cadre du parti, premier ministre de Blaise Compaoré puis président de la Commission de la CEDEAO- candidat autoproclamé, ou d’un improbable autre candidat le parti choisira-t-il pour défendre ses couleurs ? La bataille interne fait rage présentement. A côté de ces trois grands clans classiques, d’autres ambitions bien sûr se sont et continuent à s’afficher. Que ce soit des nouveaux venus ou des visages plus connus mais moins représentatifs sur la scène nationale, la liste de ceux que l’on pourrait traiter sans injure de « candidats de seconde zone » ne cesse de s’allonger au fur et à mesure que l’on s’approche de l’échéance.

Parmi ceux déjà déclarés, on peut citer sans ordre de préséance, Maître Gilbert Noël Ouédraogo de l’ADF-RDA ; le député (ancien ministre démissionnaire de la culture) Tahirou Barry, transfuge du PAREN de Laurent Bado, candidat pour le compte d’une nouvelle formation, le Mouvement pour le changement et la renaissance – MCR ; Abdoulaye Soma, constitutionaliste, ancien conseiller spécial du premier ministre Yacouba Isaac Zida sous la Transition, éphémère Directeur de cabinet du Médiateur du Faso Saran Sérémé, porte-étendard d’un jeune parti politique dénommé « Soleil d’avenir ».

D’autres encore ne font pas mystère de leur volonté de se lancer dans l’aventure, mais attendent le moment opportun pour se prononcer. En tous les cas comme on le constate, à un an et demi du rendez-vous présidentiel, ça bougeotte déjà dans le landerneau politique national. En attendant de revenir dans ces colonnes sur les enjeux de cette élection, les atouts et les chances des uns et des autres, il faut souhaiter que celle-ci puisse effectivement se tenir à bonne date et dans de bonnes conditions. En dépit du climat sécuritaire, la bonne tenue de cette échéance capitale se présente comme le gage indéniable d’une consolidation de la démocratie au Burkina Faso.

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