Burkina Faso : Les vérités de Roch Kaboré aux Burkinabè

Roch Marc Christian Kaboré lors de l'entretien avec les journalistes à Tenkodogo le 11 décembre 2019 ©Présidence du Faso

Présent à Tenkodogo pour la célébration de la fête nationale de l’indépendance (11 décembre) le président du Faso s’est entretenu avec la presse. Une occasion pour Roch Marc Kaboré de dire ses vérités aux Burkinabè sur divers sujets.

C’est dans un contexte insécuritaire que le Burkina Faso a célébré cette année le 59e anniversaire de son accession à l’indépendance. Tout naturellement, une question a été posée au président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, dans le savoir comment il accueille les nouvelles du front qui ne sont pas bonnes pour la plupart, surtout de savoir si le président a le sentiment d’impuissance face aux attaques répétées. Le président répondra par la négative. Pas de sentiment d’impuissance. « Nous sommes certainement affligés par les échecs que nous pouvons avoir çà et là dans la lutte contre le terrorisme. »

Mais pour lui, il y a une évidence : « nous aurons des victoires, nous aurons des échecs mais nous devons rester débout. » Le président Kaboré va jusqu’au puiser dans l’histoire du peuple burkinabè pour exprimer son état mental au quotidien face à la situation actuelle difficile. « Nous devons rester conformes à notre histoire. Le Burkinabè n’a jamais cédé ni reculé devant l’adversité. C’est ce mental qui au quotidien me guide dans mes actions. » Le président aura droit à une autre question pour vraiment s’assurer qu’il a le moral… « J’ai le moral qui est très haut » répond le président. La source de moral, se trouve au niveau du soutien des Burkinabè. « J’ai conscience que le peuple burkinabè est derrière le gouvernement dans cette lutte que nous menons. C’est cette résilience également du peuple burkinabè qui me permet également de tenir. »

Dans la même veine de la lutte contre le terrorisme, le président Kaboré n’a pas échappé à une question relative à l’invitation du président français, Emmanuel Macron, à Pau en France pour parler de l’avenir de la présence de l’armée française dans le Sahel. Cette rencontre qui devait se tenir le 16 décembre prochain a été reportée pour janvier 2020 du fait de l’attaque terroriste du 10 décembre dernier contre un camp militaire au Niger ayant fait plus de 70 morts. La question posée au président du Faso était de savoir s’il s’agissait d’une invitation ou d’une provocation, au regard de l’indignation générale suscitée en Afrique particulièrement. « J’estime que le ton et les termes qui ont été utilisés avant l’invite pose des problèmes. » a répondu Roch Marc Christian Kaboré. « Le partenariat doit être respectueux des uns et des autres. Nous devons avoir des rapports de respect mutuel, de considération mutuelle. » ajoute-t-il.

La situation socio-politique au Burkina

Sur front social, la gouvernance est confrontée à des revendications syndicales. La vie est chère et les revenus des travailleurs ne connaissent d’amélioration. Le gouvernement aussi est dans une tendance de trouver d’autres sources de financement du budget national. De ce fait, des taxes sont instituées. C’est le cas par exemple des véhicules qui sont taxés selon la puissance administrative. Toute chose qui indigne au sein de l’opinion. La réponse du président du Faso à la question y relative semble dire que ceux qui ont les véhicules disposent des moyens en la matière. « On ne peut chercher les moyens que chez qui en ont » dira Roch Marc Christian Kaboré.

Il y a aussi que les travailleurs du public se verront imposer désormais l’IUTS (impôt unique sur le traitement de salaire). Bien évidemment que c’est une mesure qui n’est pas du goût des fonctionnaires. La question est donc comment permettre aux travailleurs de gagner mieux. « Gagner mieux sur un budget où (plus de) 50% sont alloués aux salaires des travailleurs alors qu’on est plus de 18 millions de Burkinabè » répond ainsi sous forme interrogative le président Kaboré.

Dans la perception des Burkinabè, la corruption est devenue un phénomène beaucoup plus préoccupant avec le sentiment d’impunité sous la gouvernance du président Kaboré. Il martèlera à ce propos : « Personne n’est intouchable au Burkina Faso. Il faut cependant que les faits soient avérés » Autrement dit, on ne peut débarquer de son poste sur la base de soupçons.

Sur le plan politique, la question c’est de savoir s’il y aura des élections en 2020 et surtout dans quelles conditions. Sans ambages, le président du Faso répond : « Forcément et nous travaillons dans ce sens. Sauf s’il y a un cataclysme général supplémentaire. » Les seules contraintes, selon le président Kaboré, c’est le coût de cette élection (présidentielle) qui est très élevé. L’action est dans les discussion avec la Commission électorale nationale indépendante (CENI) afin de voir comment amoindrir les coûts. Quant à la question sécuritaire (qui fait surtout craindre la tenue effective des élections prochaines), Roch Marc Christian Kaboré estime qu’il y a toujours une marge de temps pour voir comment cela peut se résoudre. Y’a-t-il cependant des scénarii déjà disponibles pour savoir auquel cas, il ne peut y avoir d’élections ? « On n’est pas encore à ce stade de discussion » dira le président qui ajoute : « on appréciera les choses au fur et à mesure qu’on avance. »

Basidou KINDA

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