Burkina Faso, une jeune chercheuse purifie l’eau grâce au Moringa

Dr Aminata Kaboré

Au Burkina Faso, l’accès à l’eau, de surcroit potable, est une corvée. En ville comme en milieu rural. Mais c’est dans cette zone le problème se pose surtout avec acuité. Dans certains cas, les hommes et les animaux utilisent les mêmes point d’eau. Voilà qu’une innovation scientifique pourrait changer la donne : la purification de l’eau polluée grâce au Moringa (nom scientifique : Moringa Oleifera).

Dr Aminata Kaboré est une jeune chercheuse à l’Institut de l’environnement et de recherches agricoles (INERA). C’est elle qui s’investit dans le projet. En 2015, elle a soutenu sa thèse de doctorat intitulée « Optimisation des qualités épuratoires des graines de Moringa dans le traitement des eaux de consommation » sanctionnée par la Mention très honorable et félicitations du jury.

Avec l’aide de quelques partenaires qui ont mis à sa disposition des fonds, l’étude est en expérimentation sur le terrain précisément dans la province du Sourou avec quatre villages pilotes. L’expérience consiste donc à disposer d’au moins deux seaux, du charbon broyé, du sable fin et propre, des tourteaux de graines de Moringa et un filtre. Sans produit chimique, c’est le Moringa qui va favoriser la purification de l’eau. En effet, ce sont les propriétés des graines de Moringa qui vont permettre la coagulation-floculation en vue de clarifier et d’éliminer les micro-organismes des eaux. Ainsi, dès que la technique est appliquée, en quelques minutes, toutes les saletés se retrouvent au fond de l’eau avec 90% des microbes.

Avec les résultats concluants sur le terrain, l’enjeu sera d’étendre l’expérience à l’ensemble du territoire burkinabè. L’on pourrait mettre en place une station comme à l’ONEA (Office national de l’eau et de l’assainissement), à l’échelle villageoise tout en utilisant du Moringa pour traiter l’eau. Ce qui veut également qu’il faut accroître la culture du Moringa afin d’en disposer au maximum pour le traitement des eaux. Etant entendu que ce serait l’une des raisons qui auraient découragé l’ONEA à ne pas se lancer dans ce système de traitement des eaux. Toujours est-il que tout est une question de politique publique.

Séraphine Zongo

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