Burkina : le Covid-19 en zone sous menace terroriste

Photo d'illustration. Ici, Filippo Grandi, le Commissaire du HCR, dans un quartier qui accueille des personnes déplacées du nord du Burkina Faso à Kaya, le 2 février 2020.

Le coronavirus se répand au Burkina. Cela, malgré la mise en quarantaine des villes touchées. La situation devient inquiétante quand dans ces conditions, la région sahélienne, en proie au terrorisme, enregistre des cas confirmés.

Le 8 avril 2020, deux cas (six à la date du 12 avril) confirmés  sont enregistrés dans la ville de Gorom-Gorom. C’est le chef-lieu de la province de l’Oudalan, région du Sahel. Dès que nous avons vu les chiffres, immédiatement, nous prenons attache avec un ami, originaire de la localité. « Effectivement, j’ai vu les chiffres. Mais il semble que c’est à l’intérieur de la mine d’Essakane. Il reste à confirmer l’info. »

L’information qu’il s’agit du site minier Essakane est effective. Mais comment cela est-il possible, dans la mesure où, depuis deux semaines, les villes touchées sont mises en quarantaine ? Le 10 avril, le Pr Martial Ouédraogo, coordonnateur national de la lutte anti-coronavirus, tente de donner des précisions. « Nous sommes en train d’investiguer le foyer de Gorom-Gorom. Nous savons qu’il y a des déplacements héliportés entre les mines et les agglomérations. Ce sont des cas qui sont en investigations. Est-ce à travers ces déplacements qu’on a pu emmener un suspect, un cas a pu contaminer, ou quelqu’un a pu prendre la pathologie pour la remmener là-bas… Nous sommes toujours en investigation pour comprendre par quel mécanisme… parce que nous savons qu’il y a des déplacements exceptionnels surtout pour ces secteurs miniers ».

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Depuis le 10 avril, le site minier de IAM Gold Essakane, le village d’Essakane et Essakane-site sont mis en quarantaine selon un arrêté du haut-commissaire.

Le même jour, une autre localité de la région est touchée. Falangoutou (province du Séno), précisément avec 3 cas confirmés. Difficile de savoir avec exactitude comment cela est-il arrivé. Mais certaines informations (à confirmer) disent que les personnes diagnostiquées positives ont séjourné récemment à Ouagadougou où elles ont pris part à un mariage.

La double peine des populations

Coronavirus et terrorisme, c’est une double peine pour les habitants dans le Sahel. Déjà, avec le terrorisme, de nombreux centres de santé ont fermé dans la région. Les agents de santé ont aussi des difficultés à accéder à certains villages. Ce fléau a également provoqué de nombreux déplacés. On estime dans la région du sahel, 200 000 déplacés qui partagent des abris de circonstances. Les gens se retrouvent dans une situation où le manque d’eau et d’accès aux soins sont des réalités vécues. A cela s’ajoute la promiscuité. Des conditions qui sont très favorables au covid-19.

Saura-t-on endiguer la maladie avec diligence ? Même si on le souhaite, le doute subsiste. En témoigne cette annonce du gouverneur de la région, Colonel Major Salfo Traoré, le 10 avril : « Je porte à la connaissance de l’ensemble de la population de la présence de cas probables pris en charge au niveau du Centre Hospitalier Régional (CHR) de Dori. »

Pour un pays en lutte pour maintenir son unicité territoriale, c’est un coup dur de constater le covid-19 dans une de ses régions les plus touchées par le terrorisme.

 Edjo KANKO

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