WILTSHIRE, UNITED KINGDOM - JULY 25: Manu Dibango performs on stage at the Womad Festival at Charlton Park on July 25, 2014 in Wiltshire, United Kingdom. (Photo by C Brandon/Redferns via Getty Images)

Du soulèvement populaire au Mali dirigé par l’imam Mahmout Dicko en passant par le coup d’état contre le président Ibrahima Boubacar Keita, les réélections des présidents de la Guinée Alpha Condé et de la Cote d’ivoire Alassane Dramane Ouattara marquées par des violences et plusieurs morts, les disparitions de figures emblématiques dans le monde du sport, de la politique et de la musique (Pape Diouf, Pape Bouba Diop, le président burundais Pierre Nkurunziza, le premier ministre ivoirien Amadou Fin Coulibaly, le chanteur Manu Dibango ). 2020 aura été une année cruciale et douloureuse pour le continent africain. Hakili Times revient sur certains faits saillants qui auront marqué l’année 2020.

L’imam Mahmoud Dicko, mobilisateur hors pair à l’origine de la chute de Ibrahima Boubacar Keita

Mahmoud Dicko est à la fois imam et homme politique. Un paradoxe pourrait dire les plus sceptiques mais lui aime bien jouer sur les deux tableaux. Après avoir dirigé la prière dans la mosquée de Badalabougou à Bamako, il arrive aussi à rassembler des partis venus de tout le spectre politique pour s’opposer au régime de Ibrahima Boubacar Keita.

Porté à la tête d’une coalition de partis politiques et mouvement religieux début juin, appelée « Mouvement du 5 juin », un vent de soulèvement populaire vacille le pouvoir malien. Il faut dire que le prédicateur sait exalter les nombreuses frustrations d’une population rassemblée par dizaines de milliers lors de manifestations qu’il orchestre d’un verbe assuré.

L’imam Dicko incarne désormais le changement au Mali. Chef du HCI (jusqu’en 2019), il a mené et gagné, en 2009, la bataille contre la réforme du Code de la famille jugée « anti-islamique ».

Profitant du discrédit total de la classe politique dans un pays confronté à l’effondrement des services publics, la corruption, et la mort de milliers de Maliens dans des attaques djihadistes et des violences intercommunautaires. Le tout dans un contexte de rejet croissant de la présence militaire française. Il sera l’un des grands artisans de la chute du président IBK le 18 août 2020 lors d’un coup d’État militaire.

Coup d’État au Mali, IBK perd le pouvoir

Les grands rassemblements des partisans de l’imam Dicko ont finalement eu raison sur le pouvoir de Ibk. L’armée malienne sentant le coup venir a pris les devants. Le 18 août 2020 tout démarre au camp militaire Soundiata-Keïta situé à Kati, une ville située à 15 kilomètres au nord de Bamako, la capitale du Mali. Il aboutit au renversement du président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, au pouvoir depuis 2013. Finalement le président malien Ibrahim Boubacar Keïta dit « IBK » annonçait sa démission à la suite de son arrestation par des militaires du « Comité national pour le salut du peuple ». Le porte-parole, Ismaël Wagué, a annoncé la mise en place d’un gouvernement civil de transition chargé d’organiser de nouvelles élections.

Condé et Ouattara réélus, mais plusieurs morts dénombrés en Guinée et en Côte d’Ivoire

Les deux présidents avaient la même ambition de se faire réélire pour un troisième mandat. Un mandat de trop selon leurs opposants et leurs populations mais légitime selon les deux dirigeants.

Alpha Condé remporte la présidentielle avecl 59,49 % des suffrages, devant Cellou Dalein Diallo, crédité de 33,5 % des voix. Les conséquences des violences ont émaillé ces deux scrutins avec plusieurs morts.

Le bilan des morts differe d’un camp à l’autre entre le pouvoir et l’opposition guinéenne. Au moins neuf personnes ont été tuées dans ces affrontements, selon un bilan rendu public par l’État. De son côté, l’UFDG, le parti de Cellou, dénombrait au moins 27 personnes tuées. D’ailleurs face à la flambée de violences dans la capitale et à l’intérieur du pays, l’armée a été réquisitionné et déployé aux côtés de la police et de la gendarmerie.

Non loin de la Guinée, la Côte d’Ivoire aussi est secoué par le syndrome du 3eme mandat de Ouattara. Une candidature controversée par l’opposition qui avait dénoncé cela comme une tentative illégale de se maintenir au pouvoir, alors que le nombre de mandats présidentiels consécutifs était jusqu’ici limité à deux. Alassane Ouattara estimant que la nouvelle Constitution adoptée en 2016 l’autorisait à briguer un troisième mandat. Il été réélu pour un troisième mandat à la présidence de la Côte d’Ivoire avec 94,27 % des voix. Le scrutin du 31 octobre s’est fait sans les ténors de l’opposition l’ancien président, Henri Konan Bédié et l’ex-Premier ministre Pascal Affi N’Guessan appelant au boycott. Ce désaccord sera à l’origine de la mort d’une trentaine de personnes pendant la campagne électorale et après le scrutin.

Sportifs, artistes et politiques ces personnalités décédées en 2020

L’année 2020 fut très douloureuse pour le continent africain qui a vu la disparition de ces célébrités en sport, musique et politique

Pape Diouf, ancien président de l’Olympique de Marseille

En pleine pandémie de Covid, le Sénégal venait d’enregistrer son premier décès lié au CoronaVirus en la personne de Pape Diouf, ancien président de l’Olympique de Marseille. Atteint du coronavirus et placé en unité de soins intensifs à l’hôpital de Fann, le Sénégalais est décédé lors d’une tentative d’évacuation vers Nice par un avion sanitaire qui n’a pas pu décoller. Et la disparition de cette figure très appréciée du grand public sénégalais comme français a plongé le monde sportif entre tristesse et prise de conscience. Pape Diouf est une référence pour tout jeune sénégalais et africain car il est parti de peu pour atteindre les sommets. Devenant ainsi le premier africain noir président d’un club en Europe.

Le saxophoniste et chanteur camerounais Manu Dibango

Même sort aussi pour le saxophoniste et chanteur camerounais Manu Dibango emporté lui aussi par le Coronavirus. Il est décédé le 24 mars 2020 à Melun en France. Surnommé Papagroove ou Papa Manu, le musicien camerounais de world jazz a très tôt donné le goût de la musique.

Pierre Nkurunziza, président du Burundi 

L’ancien chef de l’État burundais, Pierre Nkurunziza est décédé le 8 juin 2020 à Karuzi, à l’âge de 55 ans d’un arrêt cardiaque, selon un communiqué du gouvernement. Élu en 2010 comme président puis réélu en 2015, il est mort un peu avant la fin de son troisième et dernier mandat et la passation de pouvoir avec son successeur élu le général Evariste Ndayishimiye, le candidat de son parti.

L’opposant malien, Soumaïla Cissé

L’opposant malien, Soumaïla Cissé est décédé le 25 décembre 2020 à Paris en France, quelques mois après sa libération par les djihadistes.

Amadou Gon Coulibaly

Le candidat désigné du RHDP à l’élection présidentielle d’octobre 2020, Amadou Gon Coulibaly est décédé le 8 juillet 2020 dans la capitale ivoirienne des suites d’un arrêt cardiorespiratoire. Il occupait depuis le 10 janvier 2017 jusqu’à sa mort, à l’âge de 61 ans, le poste de chef du gouvernement ivoirien.

Papa Bouba Diop, premier buteur sénégalais en coupe du monde 

Le footballeur sénégalais Papa Bouba Diop, célèbre pour avoir marqué le premier but du Mondial 2002 pour le Sénégal, contre la France (1-0) à Séoul (Corée du Sud), est décédé le 29 novembre à Lens en France, des suites de la maladie de Charcot. Pour immortaliser le défunt joueur, le Chef de l’Etat sénégalais Macky Sall a annoncé que son nom sera donné au musée qui sera construit au futur Stade olympique de Diamniadio.

BOCOUM

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