Coronavirus-Burkina : fermeture des marchés et yaars, Free Afrik critique et propose des solutions

Photo d'illustration. Des femmes dans un marché à Ouagadougou

Le gouverneur de la région du Centre, a décidé, 23 mars 2020, de la fermeture des gros marchés et yaars de la commune de Ouagadougou et communes rurales pour une période allant du 25 mars au 20 avril.

Si l’Institut de recherches Free Afrik comprend la justesse de la mesure, il les juge cependant inadaptées mais aussi source de danger. Des « limites qui appellent à des ajustements majeurs ». dit-il.

L’Institut soutient, en effet, que la décision qui s’étend sur un mois « n’est pas tenable dans la région du Centre ni dans aucune autre région du pays. » Cela, dans la mesure où, elles priveraient les populations, les plus vulnérables en particulier, d’approvisionnement. Free Afrik justifie son argument par le fait que « la majorité des Burkinabè n’a ni les capacités financières ni les équipements électroménagers (…) pour faire des stocks d’aliments et de produits de premières nécessité pour plusieurs jours ».

Les marchés étant sources d’activités lucratives pour des « centaines de milliers » de personnes au Burkina, l’Institut craint que la décision de fermeture occasionne des « protestations voire de la violence » de la part des populations démunies. Si celles-ci finissent par se sentir non « considérées dans leurs difficultés et vulnérabilités », elles pourraient perdre toute compréhension sur les enjeux de la pandémie.

Que faire ?

Free Afrik ne manque de faire des propositions. Il suggère par exemple une réorganisation des marchés pour assurer un fonctionnement dans des conditions optimales de précautions sanitaires. Concrètement, cela consiste, après concertation avec tous les acteurs concernés, fermer le marché durant quelques jours pour une réorganisation, nettoyage et désinfection avant la remise en service. Dans le même ordre d’idée, n’autoriser que les ventes des aliments et produits de premières nécessité indispensables.

Organiser une nouvelle disposition d’étals avec une distance de sécurité entre les vendeurs et vendeuses. Instaurer des horaires précis d’ouverture et de fermeture du marché mais également réguler son accès.

Le nettoyage et la désinfection des marchés peut s’organiser chaque noir. Certains marchés pourraient être refermés le temps d’une remise à niveau en cas de défection.

Une autre option, comme solution, sera d’organiser au niveau local et avec l’implication des acteurs locaux, le reploiement des marchés et yaars dans les établissements scolaires où pourraient être prises des mesures d’hygiène adaptées.

Basidou KINDA

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