Forum national des jeunes : Roch Kaboré annonce la rupture

Des participants au forum national des jeunes 2019 tenu à Bobo Dioulasso sous le thème: « rôle et responsabilité de la jeunesse dans l’édification d’une nation unie, prospère et émergente dans un contexte de lutte contre l’insécurité ». © news.aouaga.com

Face aux jeunes, le président du Faso Roch Marc Christian Kaboré assure la rupture du forum national des jeunes des éditions précédentes. L’occasion a été d’appeler à une jeunesse responsable. De manière aussi indirecte, il a dénoncé le manque d’information sur la disponibilité des fonds de financement de l’entrepreneuriat des jeunes.

« Ce que je souhaite, c’est que le forum national des jeunes ne soit pas une répétition d’actes. Nous devons à partir de ce forum (du 18 au 21 septembre à Bobo-Dioulasso) assurer la rupture qui permet que chaque fois que nous terminons un forum, que nous prenons des engagements, qu’au prochain, le comité de suivi fasse le point de ce qui a été fait et de ce qui n’a pas été fait. Sans ce mécanisme de suivi, nous n’avancerons jamais sur le plan de l’insertion des jeunes au développement économique et social du Burkina Faso » C’est ainsi que le président Kaboré a introduit son face à face avec les jeunes ce 20 septembre.

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Pour que cette jeunesse puisse participer à la construction d’un Burkina fort et unifié, Roch Marc Christian Kaboré reste convaincu que celle-ci doit être « consciente, responsable et est formée ». Sans ces conditions, fait-il savoir, « nous allons participer mais à tâtons ». Fort de ce constat, le chef de l’Etat appelle à la culture en la jeunesse « des valeurs du respect réciproque, de l’écoute, de tolérance, de la citoyenneté, de la tolérance, du respect de l’Etat de droit, et la volonté de se cultiver et de se battre pour obtenir une vie décente qu’on peut assumer soi-même. » Des valeurs qui sont essentielles, estime le président Kaboré, car selon lui, « nous voulons avancer mais nous voulons démarrer à 150 km/heure ».

Un jeune qui veut Chaque veut contribuer à l’édification du pays ne doit pas vouloir tout, tout de suite et maintenant dira-t-il. « Il nous faut savoir que la vie est un cheminement avec des succès, des échecs. Toute chose qui permet de participer consciencieusement au développement. » a conseillé le président Kaboré. Il a par ailleurs déploré cette jeunesse prise qui vit aux dépend des autres. « Il faut travailler à ce que la jeunesse ne soit pas un appendice. Des [oisifs] qui dès qu’ils se lèvent le matin c’est de se demander où on peut avoir 50 000 ou 100 000 fcfa. On ne peut pas vivre aux crochets des autres. Il faut soi-même se construire. »

Des participants au forum national des jeunes © news.aouaga.com

 

De l’entrepreneuriat des jeunes

Ce qui est clair, la fonction publique a beau être généreuse, elle ne peut employer tous les jeunes du Burkina Faso, foi du président Roch Marc Christian Kaboré. Pour cela, il appelle à l’auto-emploi des jeunes. « Nous devons travailler à l’entrepreneuriat des jeunes. » Cependant, ces derniers doivent avoir l’idée qu’on est obligé de travailler tout seul. De ce fait, Roch Kaboré leur suggère : « On peut se mette ensemble pour avoir un projet beaucoup plus consistant qui nous permettre également de recruter d’autres jeunes. »

Oui, pour aider la jeunesse dans l’entrepreneuriat. Mais la manière dont les fonds ont été gérés dans le passé semble rappelé au président du Faso un mauvais souvenir. « L’expérience a aussi montré depuis des années que les fonds qui sont mis à la disposition des jeunes, très peu se sont émancipés de cela. Tout simplement parce que les gens ont utilisé l’argent à d’autres fins. Ainsi les fonds que cela devrait régénérer par notre propre remboursement dans les activités, ça devient comme une subvention politique. » Pour une rupture annoncée, « cela doit prendre fin. » selon Roch Kaboré

Le manque d’informations au profit des jeunes

Sans le dire ouvertement, le président Kaboré a déploré le manque d’informations devant guider les jeunes sur les sources de financement de leurs projets. « Il faut aussi qu’au niveau des ministères, on renforce l’information des jeunes sur les différents moyens de financement [de leurs] activités. Car, poursuit-il, l’expérience montre que les jeunes ont parfois des projets mais ne savent pas où se rendre pour leur financement. »

Sur le champ, il a porté à l’attention du public un certain nombre d’information. On retiendra que le fonds burkinabè pour le développement économique et social dispose de 12 milliards fcfa pour financer les Startup dont deux milliards fcfa par an. « Il faut que les jeunes soient informés sur le contenu afin de voir à partir de projets innovants comment bénéficier de ce fonds. » suggère le président.  Ce même fonds, ajoute-il, dispose de deux milliards fcfa pour faire des prêts pour des projets allant jusqu’à 50 millions fcfa.

Par ailleurs, il y a aussi l’agence de financement et de promotion des PMI /PME qui elle fait dans la microfinance et finance des projets entre cinq et 60 millions. « Si les jeunes ne sont pas informés sur ces différentes possibilités afin d’être encadrés pour bénéficier de ces fonds, rien de possible » déplore le président Kaboré.

Lors de son séjour à Bobo Dioulasso dans le cadre du forum national des jeunes, le président Roch Marc Christian Kaboré a inauguré la voie d’accès à l’Institut supérieur des Sciences de la Santé (INSSA)

« Il y a des projets que nous devons analyser aussi bien dans le secteur agricole, de l’élevage, des nouvelles technologies. A ce titre, nous avons un engagement sur l’entrepreneuriat des jeunes dans le domaine agricole de 2019 à 2020 qui portera sur un montant de 158 milliards au profit de ceux qui veulent s’investir dans le domaine de l’agriculture et de l’élevage. » fait savoir Roch Marc Christian Kaboré.

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Les jeunes ont à la suite posé des questions et formulé des recommandations. Si la sécurité a été une préoccupation importante, beaucoup des interventions ont appelé à l’employabilité des jeunes à travers l’implantation d’unités industrielles de transformation. A ces préoccupations, le ministre du commerce, de l’industrie et de l’artisanat, Harouna Kaboré, rassure : « Si la stratégie nationale d’industrialisation se déroule bien, en 2023 nous seront un pays industrialisé. » Déjà, fait-il savoir, 15% des marchés publics sont accordés aux PME/PMI » afin de permettre aux jeunes pousses de pouvoir se lancer.

Edjo Kanko

 

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