RDC : Les sociétés minières à la recherche de l’électricité

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Le Sud-est de la République Démocratique du Congo (RDC), riche en cuivre et cobalt, manque fortement d’électricité pour faciliter son développement économique. A la semaine congolaise des mines (DRC Mining week), qui a pris fin le vendredi 21 juin, la question a figuré parmi les préoccupations majeures des sociétés extractives.

 Avec plus de 200 compagnies minières, tenues par des investisseurs occidentaux et orientaux en majorité, la région du Katanga qui est aussi vaste que la France manque d’environ 1200 à 2000 Mégawatts d’électricité, pour permettre à toutes les entreprises de fonctionner normalement.

La solution durable, d’après les experts en énergie, devrait provenir du projet hydroélectrique Inga, dans l’Ouest de la RDC, à plus de 2000 km de Lubumbashi. Le problème qui se pose, c’est qu’il manque à ce grand projet, qui intéresse notamment la BAD, de grands financements pour démarrer. Il ne peut donc apporter de solutions immédiates.

Pour maintenir leurs activités, quelques miniers recourent ainsi à des initiatives privées. Ils construisent des centrales hydroélectriques de moyennes capacités, ou recourent aux services privés. Mais cela a un coût qui n’encourage pas beaucoup. Ainsi, la société AEE Power, envisage de construire des centrales en vue de proposer de l’électricité aux sociétés minières. AEE Power qui a depuis 2016 signé un partenariat avec la société publique d’électricité, la SNEL, envisage de produire 240 Mégawatts sur trois centrales hydroélectriques. C’est pour répondre à une demande urgente d’entreprises de l’ordre de 250 MW.

Il existe en revanche d’autres possibilités. C’est le cas du vieux projet de production de charbon à Luena, dans la province du Lualaba, dans l’ancien Katanga. « Il a souvent été remis sur table, chaque fois qu’il y avait des enjeux énergétiques », explique l’expert en électricité et professeur à l’Université de Lubumbashi, Jean-Pierre Katond. Le problème qui semble le bloquer, ce sont les risques d’impact environnemental estimés plus élevés pour ce projet. C’est cela qui aurait, plus de trois fois de suite, explique l’universitaire, joué contre son financement par des banques internationales. « À moins que l’État congolais investisse », conclut Jean-Paul Katond, qui pense toutefois que le potentiel énergétique de ce projet devrait contribuer à largement réduire le déficit. D’après Dieudonné Nduwa, qui a donné un exposé sur le projet, Luena devrait produire 540 Mégawatts d’électricité.

Au final, le déficit énergétique pénalise non pas seulement les miniers, mais aussi d’autres secteurs d’activités secondaires. Par exemple, les sociétés de services dépendent fortement de l’exploitation minière. Ce qui implique, indique l’économiste Florent Musha, lorsque les mines connaissent des difficultés, toute la chaîne d’activités est impactée.

La semaine minière congolaise, qui en était à sa 15e édition du 19 au 21 juin 2019, a lancé des débats et réflexions sur plusieurs questions de l’économie congolaise. Notamment, les apports du secteur minier dans le développement des communautés riveraines des carrières.

On sait que l’économie congolaise est fortement marquée par l’exploitation des ressources minérales (à 25%), juste après l’agriculture (44%). Mais en réalité cette agriculture, à prédominance vivrière, influence moins les actions publiques, puisque l’État intervient moins dans le secteur.

Didier Makal

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