« Si Lassiné Diawara ramasse des sachets, j’en ferai autant, car il y a l’argent dedans » Juste Nacanabo, chef d’entreprise et élu consulaire à la Chambre de commerce des Hauts-Bassins

Il est du genre de personnes avec qui, pour une heure, vous pouvez passer deux heures voire plus à discuter sans voir le temps passer. Cependant il semble difficile de l’avoir, tant il est sur tous les fronts : l’entreprise informatique (2CS Burkina) qu’il gère, la représentation des Hauts-Bassins de la Chambre de commerce et d’industrie où il est élu consulaire et ses nombreuses activités associatives. Juste Siriac Nacanabo, ou plutôt Juste Siriac Wendpouiré Nacanabo, c’est bien de lui qu’il s’agit. Celui-là qui est issu d’une famille de sept enfants est fier de son nom botanique Wendpouiré. Avec juste raison, peut-on dire. La part de Dieu signifie-t-il en langue nationale mooré. Et il aime bien insister là-dessus quand il s’agit de se présenter.

Né le 16 octobre 1975, il est chef d’entreprise depuis 2005 après avoir été brièvement un employé dans une maison d’informatique. Il faut dire que travailler pour quelqu’un n’a jamais été sa passion. Il l’avoue lui-même : « je n’ai jamais eu l’ambition de travailler pour quelqu’un. » L’informatique où il évolue semble être un chemin qui lui a été dicté. Sur sept enfants, ils sont quatre a évolué dans ce domaine.

Admirateur de l’homme d’affaires burkinabè Lassiné Diawara, Juste Nacanabo se définit comme un manager très exigeant. Afin de le découvrir davantage, Hakili Times a décidé d’aller à sa rencontre, afin d’échanger sur son parcours (scolaire comme professionnel), sa lecture du développement économique du pays et particulièrement de Bobo-Dioulasso, etc. Après maints appels à coordonner, à 14h moins ce samedi 19 octobre 2019, il se dit disponible pour nous recevoir à 14h. Il venait ainsi de terminer une rencontre.

Immédiatement, nous nous rendons à son service qu’il nous indique au centre-ville de Bobo-Dioulasso. De 14h, nous avons dû attendre encore plus d’une heure avant d’être reçu. Pendant ce temps, son téléphone est régulièrement collé à son oreille. Et si ce n’est pas le cas, ce sont des instructions qu’il donne à certains de ses collaborateurs présents ce jour, ou taquine d’autres…

Hakili Times : Afin de faire davantage votre connaissance, exposez-nous votre parcours.

Juste Nacanabo : J’ai fait le cours primaire à Toussiana et après je me suis retrouvé à Toussiana garçons, qui sont des écoles des frères catholiques. Après un bref passage à l’université de Ouagadougou (ndlr : actuelle Université Joseph Ki-Zerbo) je me suis retrouvé à l’école supérieure des sciences appliquées. J’ai fait un cycle court en informatique sanctionné par un BTS en informatique de gestion. J’ai intégré après une structure comme technico-commercial, pour devenir plus tard directeur régional. Toute chose qui a empiété sur mes ambitions de longues études. Cela n’a pas empêché que je cherche des certificats ici et là.

A la suite de ce parcours, je me suis senti prêt à m’installer à mon propre compte. Parce que… disons que je n’ai jamais eu l’ambition de travailler pour quelqu’un. Je ne sais pas pourquoi, mais depuis mon bas âge, j’ai toujours eu l’envie de travailler à mon propre compte et d’avoir des collaborateurs. Pour la petite histoire, on avait un groupe d’amis qu’on appelait le QG (…). C’est dans cet environnement que nous avions forgé je dirai nos ambitions futures. On se contait un peu ce que nous voulions devenir. Et moi j’avais l’habitude de dire aux uns et aux autres : « je compte devenir un grand chef d’entreprise et je compte vous avoir tous dans mon entreprise. »

Quand je me suis donc senti prêt, j’ai décidé de quitter la structure Faso Service, pour créer 2CS Burkina en 2005. L’informatique pour moi, je pourrai dire que c’est un chemin qui m’a été dicté par mes aînés à savoir Marc Nacanabo qui est le directeur informatique à la Sofitex et son frère jumeau Marcellin qui, lui, est resté en Europe où il est responsable d’un service informatique. C’est en réalité dans cet environnement que nous avons pratiquement tous pris le virus. Parce qu’après moi, j’ai mon petit frère aujourd’hui responsable informatique d’une société minière. Ainsi, sur sept enfants dont deux filles, il y a quatre qui sont dans l’informatique.

Comment avez-vous pu créer votre entreprise quand on sait que dans beaucoup de cas les fonds font défaut ?

Disons que l’informatique, le numérique je veux dire, est plus différent des autres entreprises d’achat-vente que nous connaissons. Le numérique c’est de la prestation à 80% des cas. Pour cela, il n’y avait pas besoin forcément d’avoir de la marchandise à revendre.

En quatorze ans d’exercice quel bilan chiffré peut-on faire ?

En matière de chiffres, c’est vrai que nous exerçons depuis quatorze ans, mais en termes d’employés, il y a eu des vagues de départs tout comme des entrées. Mais à ce jour (l’entretien a eu lieu le 19 octobre 2019) nous avons 11 employés à temps plein. Mais au-delà de ces employés, il y a des moments où nous nous retrouvons avec une soixantaine de personnes. Parce que sur des chantiers, des travaux ponctuels, nous avons besoin de compétences. Déjà, nous avons dans notre base de données une dizaine de consultants. Ainsi, par rapport aux besoins, au type de marchés, on les fait venir.

Quel chiffre d’affaires ?

En matière de chiffre d’affaires, nous ne sommes pas aussi extraordinaires que certains le pensent. Nous avons entre 500 millions et un milliard de FCFA par rapport aux différentes années. Pour les charges, il est difficile de donner des chiffres exhaustifs. Mais nous avons au bas mot cinq millions comme charges mensuelles pour ce qui concerne la rémunération des onze employés à temps plein. Mais il arrive des mois que ce montant grimpe, quand il faut prendre en compte les techniciens qui sont intervenus dans l’exécution de certains marchés, etc.

Quels genres de prestations faites-vous pour quels types de clients ?

Un profil typique, non. C’est tous les segments de clients. Je dirai que la structure a muté. Dans le temps nous étions un peu focus dans la micro-informatique. C’est-à-dire la réparation des ordinateurs, l’installation et le développement des logiciels, etc. et la vente de matériels consommables.  Aujourd’hui la société a migré avec l’avènement du numérique. Nous avons donc embrassé le numérique dans son entièreté. Nous sommes ainsi plus dans la sécurité informatique et nous avons également embrassé le solaire il y a deux ans de cela et tout ce qui est réseaux de télécommunication, nous y sommes. A ce niveau, nous avons beaucoup de partenaires externes dont deux Tunisiens, avec lesquels nous travaillons sur un certain nombre de choses.

Quel genre de manager êtes-vous ?

Je dirai que je suis une personne très exigeante. Toujours dans l’excellence et pas l’à-peu-près. C’est vrai que je demande beaucoup à mes collaborateurs, mais je m’inflige aussi la même peine. Je me demande aussi beaucoup. Vous constaterez que je suis le premier à venir et le dernier à repartir. C’est une exigence que je m’inculque à moi-même. Je dois donner l’exemple. Je suis très exigeant et j’aime l’excellence et j’essaie de booster au maximum mes collaborateurs à tendre vers l’excellence. J’aime leur dire qu’on peut tout faire, on peut atteindre tous les niveaux que nous voulons. Mais tout dépendra de vous, de votre engagement. Je dis souvent à mes collaborateurs que nous avons tous les mêmes compétences que les autres maisons d’informaticiens au Burkina. Nous avons tous les mêmes connaissances et les mêmes possibilités à aller chercher des affinités dehors. Mais ce qui fera notre différence, c’est le don de soi. Pour cela, je leur exige un don de soi suprême.

Quelle est votre journée type ? Parce que quand vous nous avez appelé, vous avez fait savoir que vous êtes libre de 14 heures à 16 heures. Mais à notre arrivée, nous avons fait environ une heure avant d’être reçu.

Il est difficile de vous donner ma journée type. Je suis modelable par rapport au nombre d’activités. Pour vous dire vrai, j’ai une vie associative très développée. J’ai bâti une partie de ma vie sur les associations. Ainsi à tout moment, je peux être sollicité pour telle ou telle chose. Mais par rapport à mon service, je peux juste décrire succinctement ce que je me programme de faire. Vous allez constater dans mon agenda que je suis quelqu’un qui aime faire des écrits, à savoir recenser tout ce que je dois faire. Vous constaterez qu’il y a des écrits en rouge, c’est-à-dire ce qui est important, prioritaire. Ceux qui sont en bleu sont les actions qui peuvent attendre. Les écrits barrés au crayons sont ceux qui ont été exécutés ou sinon à reporter.

Un travail que je fais en fin de soirée pour le lendemain. Vous allez constater que j’ai des petits papillons de rappels, mais qui sont souvent destinés aux chefs de service. Des petits mémos pour que quand ils viennent le matin, qu’ils n’aient pas besoin forcément de ma présence pour savoir ce qu’ils doivent faire. Pour résumer, je suis matinal certes, mais ma journée au service c’est entre 8 heures et 10 heures. Le reste est dédié à mes rencontres, mes sorties et échanges pour prendre le pouls de la ville, vu mon appartenance à la Chambre de commerce des Hauts-Bassins. Je clôture ma journée en faisant le point de ce qui a été fait ou pas et le redéploiement des activités pour le lendemain.

Parlant de la Chambre de commerce et d’industrie des Hauts-Bassins, vous en êtes le secrétaire général. Avant tout propos sur votre rôle en son sein, quel a été votre parcours pour y arriver ?

Disons, quand je me suis installé à mon propre compte, il y a eu des élections consulaires en 2007 pour le renouvellement des élus de la Chambre de commerce. A l’époque, nous avons eu l’information qu’au niveau des Hauts-Bassins, il y avait un poste pour le secteur des services (informatiques, cabinets de gestion, des conseils, etc.). On m’a demandé si cela m’intéressait de postuler. Avec l’onction des camarades du même secteur d’activités concerné par ce poste, j’ai déposé ma candidature. J’ai donc été élu en 2007. De cette date jusqu’à ce jour, je suis à ma troisième réélection. Et de commun accord avec les autres confrères, je suis toujours seul en lice pour ce poste. Le jour où ils estimeront que je ne suis plus en mesure de défendre leurs intérêts, de toute évidence, je céderai la place.

Quel rôle jouez-vous en tant que secrétaire général ?

A ce niveau, il y a un amalgame. En réalité, c’est le secrétaire du bureau consulaire. Celui-ci est composé du président, du vice-président et du secrétaire du bureau. C’est juste une extrapolation qui a abouti à secrétaire général. Mais les tâches sont pratiquement les mêmes. A ce poste, vous êtes en quelque sorte la mémoire des activités du bureau. Vous êtes toujours interpellé pour telle ou telle activité. Vous donnez les informations qu’il faut avec un certain nombre d’activités. Voilà ce que je fais à ce niveau.

Au regard de votre position à la Chambre de commerce, certaines personnes disent que vous êtes un homme puissant. Que vous êtes un homme d’influence à Bobo-Dioulasso…

Ah bon !? Je crois que tout le monde a une influence sur quelqu’un ou sur quelque chose. Maintenant, influent dans quel sens, je ne sais pas. Mais à priori je crois que je ne suis pas plus que ce que tout le monde connaît. Je ne réclame aucune influence sur aucune personne. C’est vrai, j’apprends beaucoup de choses. Dans des milieux on me dit : « voilà celui qui parle dans les oreilles des patrons. » Cela me fait souvent rire dans la mesure où tout le monde peut le faire. Maintenant être influent, parler dans les oreilles des patrons, je ne sais vraiment pas si ce sont de bonnes…

A votre avis, c’est péjoratif ?

J’allais dire oui, je crois que c’est péjoratif. Mais ce n’est pas faux parce que j’ai l’opportunité d’approcher des personnalités comme Lassiné Diawara, Alassane Siénou (vice-président de la Chambre de commerce des Hauts-Bassins), qui sont des modèles de développement, des entités, voire des labels en Afrique. J’ai là aujourd’hui l’opportunité de côtoyer ces gens, d’échanger avec eux. Mais l’appellation qui est faite, a un volet péjoratif dans lequel je ne veux souscrire.

Parlant de Lassiné Diawara, qu’est-ce qu’il représente pour vous ?

Pas pour moi seul, mais pour toute la jeunesse. Lassiné Diawara est le prototype du success story du Burkina Faso. Je ne dis pas qu’il n’y a pas d’autres. Mais lui, c’est celui-là qui a gravi tous les échelons et qui doit aujourd’hui sa position à un labeur qui est reconnu par tout le monde. C’est vraiment ce modèle que nous devons suivre. N’en demeure que son second, Alassane Siénou est à la même optique. Ces deux sont donc des success stories, des modèles de développement. Pour la petite anecdote, quelqu’un me disait : « Ecoute, tu as la chance de côtoyer monsieur Diawara. Le jour où tu le verras ramasser des sachets par terre, ramasses-en aussi. Parce qu’il y a de l’argent dedans. » (Explosion de rires).

Vous allez vraiment le faire si vous le voyez ramasser des sachets… ?

Mais écoutez, je vais ramasser. Parce que c’est un modèle pour moi sur tous les plans.

Vous êtes de la Chambre du commerce. Vous entendez dire également que Bobo-Dioulasso, capitale économique du Burkina Faso, ne l’est que de nom. Qu’est-ce que vous pensez de cette manière de voir les choses ?

J’épouse la même position que tout le monde. Pour une capitale économique, on demande beaucoup mieux que ce que Bobo-Dioulasso est. Mais n’empêche que Bobo demeure la capitale économique du Burkina Faso. C’est déjà un gain que la ville porte ce nom. Bobo a connu une histoire. Il fut un moment où Bobo la belle, comme on le dit, était le modèle de capitale économique en Afrique de l’Ouest. C’est vrai qu’elle a un peu perdu de cette faveur, mais c’est quelque chose que Bobo peut facilement retrouver. Ce que vous perdez vous pouvez l’acquérir…

En quoi faisant ?

Il y a certes de la volonté politique à y mettre, mais il y a aussi l’engagement des fils et filles de Bobo-Dioulasso. A ce titre, sans risque de me tromper, je dirai que s’il y avait cinq Lassiné Diawara à Bobo, deux Barro Djanguinaba, la ville allait facilement retrouver sa côte de capitale économique. Je parle de ces personnes en termes d’activités, mais également par leur engagement en faveur de Bobo-Dioulasso.

Vous avez tantôt parlé de volonté politique. Qu’est-ce qu’il faut entendre par ce vocable ?

Volonté politique, disons que tout développement, quelle qu’en soit la contrée, est d’abord politique. Il faut que l’Etat accepte qu’un certain nombre de choses se fassent dans cette zone ; qu’un certain nombre d’intérêts soient redirigés vers telle région. Cela est obligatoire.

Parlant donc de volonté politique, certaines personnes pensent, qu’en terme de déploiement stratégique, le plus grand aéroport du Burkina devrait se construire par exemple à Bobo-Dioulasso quitte à développer des aérogares dans d’autres localités pour desservir le reste du pays. Est-ce également votre lecture ?

Pour être pragmatique, je dirai que les pays qui connaissent un certain développement, je prends le cas de la Côte d’Ivoire, du Maroc, etc. nous constatons que les grands porteurs n’atterrissent pas dans la capitale politique. Ils atterrissent dans la capitale économique. Je crois que tout cela c’est pour permettre la création d’un certain nombre de segments dans le domaine économique. Maintenant dire que c’est un modèle de développement par lequel il faut passer forcément, là je ne suis pas très bien placé pour le dire. Mais je me dis que si le plus grand aéroport du Burkina était à Bobo-Dioulasso, cela allait peut-être permettre à un certain nombre de choses de se développer.

Si vous étiez à la place de Lassiné Diawara quelle serait votre vision de développement économique de Bobo-Dioulasso, en particulier, et du Burkina, en général ?

Si j’étais à la place de Lassiné Diawara… c’est vraiment une condition… Je vais juste accepter parce que c’est un (hésitation). Je veux bien être à sa place. Mais je crois que pour être à sa place, il faut encore beaucoup de sacrifices (il répète à deux reprises : beaucoup de sacrifices). Mais je ne crois pas que j’allais avoir une vision autre que celle de Lassiné Diawara. Pour Bobo-Dioulasso particulièrement, dès les premiers jours où il a été élu à la tête de la Chambre de commerce des Hauts-Bassins, il a dit clairement à toute la population que pour que la ville puisse se développer, il faut qu’on y construise des structures attrayantes, capables de convoyer des hommes et des biens sur Bobo. Aujourd’hui, c’est chose faite.

Trois ans plus tard M. Diawara vient de faire la pose de la première pierre du port sec de Bobo (ndlr : c’était le 15 octobre 2019 en présence du Premier ministre, Christophe Dabiré). J’ai dit à mes amis que c’est cela la vision des grands hommes. Ma vision n’allait donc pas être autre que cela. Dans la région des Hauts-Bassins, un tel investissement permettra aux gens et aux biens de venir à Bobo.  Pour la petite histoire, l’aéroport de Bobo-Dioulasso a été redynamisé sous le mandat de Lassiné Diawara. Lui et ses confrères ont mené une lutte ardue pour que Air Burkina accepte envoyer ses vols sur Bobo et quotidiennement. C’est une vision très large et la mienne ne pouvait pas sortir de celle-ci.

Aujourd’hui la problématique de l’emploi se pose de plus en plus avec acuité. On estime que la solution va s’opérer dans l’auto-emploi, l’entrepreneuriat. Mais rien n’est évident en la matière. Vous qui êtes passés par cette passerelle, selon vous, qu’est-ce qui fait aujourd’hui défaut aux jeunes ?

Le problème est plus profond que ce que nous croyons. Le problème n’est pas au niveau de la faculté des jeunes à aller créer leurs propres entreprises, mais ce qu’on leur inculque depuis leur enfance. Nous avons aujourd’hui des curricula qui ne sont pas en symbiose avec la situation de notre pays. Nous avons un système scolaire qui n’est pas approprié à la situation du Burkina… Nous sommes aujourd’hui dans l’ère du numérique. Il faut qu’on aille plus vite et qu’on soit plus pro-actif.  Pour ma petite part, je crois qu’il y a lieu de reformer les curricula, afin de rendre les jeunes plus aptes à entreprendre.

Quant au reste, vous savez que le Burkina est l’un des pays aujourd’hui où le climat des affaires est le plus propice. Hormis ces dernières années la question sécuritaire, qui du reste n’impacte pas sur la probité de créer une activité au Burkina. En sept jours, si vous avez tous vos papiers, on vous délivre le récépissé de création de votre entreprise. Il y a, en plus de cela, un certain nombre de facilités. Il y a des structures que l’Etat a mises en place pour accompagner en terme de formation. On peut donc en conclure que le problème réside beaucoup au niveau de l’aptitude des jeunes à aller vers l’entrepreneuriat. Avant tout, l’entrepreneuriat c’est un grand risque. C’est une vie que vous jouez.

Le 15 octobre 2019 a été commémoré le 32e anniversaire de l’assassinant de Thomas Sankara. On le décrit comme un homme visionnaire. A votre avis, s’il vivait ou si ses successeurs avaient continué dans sa dynamique, comment pouvait-on projeter le développement économique du Burkina Faso aujourd’hui ?

Il serait très difficile de projeter le développement économique, donc quelque chose de rationnel sur de l’irrationnel, puisqu’il ne vit plus. Cet homme, il faut l’admettre, était un grand visionnaire. Aujourd’hui je m’estime heureux quand le président rwandais (Paul Kagamé) dit qu’en réalité il n’a rien inventé, il a tout pris de Sankara. Sans vraiment connaître l’homme, mais quand on se réfère à l’histoire et à ce qu’il a fait, on se dit que ses idées auraient pu pousser le Burkina à aller un peu plus en avant. N’en demeure que le Burkina a avancé. Ceux qui étaient là ont aussi travaillé pour faire avancer le pays.

Propos recueillis par Basidou KINDA

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