Sommet de la Cédéao : un plan de 500 milliards fcfa pour lutter contre le terrorisme

Le président du Faso Roch Marc Christian Kaboré (G) et le président nigérien Mahamadou Issoufou lors du Sommet ©RFI

La conférence des chefs d’Etat a décidé, à l’issue du sommet extraordinaire à Ouagadougou, le samedi 14 septembre, de la mise en place d’un plan d’actions prioritaires 2020-2024 afin d’éradiquer le terrorisme dans la région. Les grands axes et le budget seront adoptés en décembre 2019 à Abuja au Nigéria, lors de la session ordinaire de la Cédéao.

Le plan d’action prioritaire est construit autour de huit axes notamment : de la mutualisation et de la coordination accrue des efforts dans la lutte, d’un partage direct de renseignement entre Etats membres, ou de la formation et de l’équipement des acteurs de la lutte contre l’hydre terroriste.

De l’avis du le président en exercice de la Cédéao Mahamadou Issoufou, « la solution ne peut être qu’économique et sociale » dans le moyen ou long termes. De ce fait, un programme d’investissement prioritaire dans les zones fragiles est pris en compte. Comme le précise le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré : « La Cédéao ne veut pas d’une réponse militaire, jugée nécessaire mais pas suffisante. Celle-ci est vaine sans un développement durable, inclusif et équitable ».

L’un des enjeux, c’est surtout les sources de financement du terrorisme. Le plan d’action prioritaire prévoit ainsi de viser ces sources de financement, le trafic de drogue spécifiquement.

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L’argent est le nerf de la guerre dit-on. Pour mettre en exécution le plan, 500 milliards fcfa (1 milliards de dollars) sont annoncés.

Mais en attendant, les ministres en charge de la défense et de la sécurité des pays membres, ont la charge d’étudier la possibilité de l’implication de la force en attente de la CEDEAO dans la lutte contre le terrorisme, de rendre effectif le partage d’informations entre les services de sécurité, de faire des patrouilles et des opérations conjointes le long des frontières sensibles.

Les devoirs de la communauté internationale

Le président Mahamadou Issoufou n’est pas passé par le dos de la cuillère. « C’est la communauté internationale qui est à la base de la crise libyenne, dont nous subissons les conséquences. Quand cette crise libyenne a été déclenchée en 2011, nous étions contre. Il y a un chaos qui règne en Libye. Les armes qui étaient accumulées en Libye ont été pillées et circulent dans le Sahel et le bassin du Lac Tchad dans les mains des terroristes. » dénonce-t-il. Et pour cette région, estime-t-il, « la communauté internationale ne doit pas détourner le regard du Sahel. [Elle] a des devoirs vis-à-vis du Sahel ».

La Cédéao demande par ailleurs aux Nations unies « un mandat plus offensif de la Minusma (Mission intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali) qui puisse permettre de lutter contre le terrorisme », a dit Mahamadou Issoufou.

La Cédéao va aussi solliciter la Banque mondiale et le FMI pour que les dépenses sécuritaires soient « considérées comme des investissements » et solliciter les bailleurs de fonds occidentaux et arabes pour mieux lutter contre le jihadisme.

Basidou KINDA

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