Tiges du cotonnier : une transformation à forte valeur économique

Des meubles faits de la transformation des tiges de coton. © coraf.org

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » a dit Antoine Lavoisier. Cette maxime illustre à souhait le travail du projet de Valorisation des Tiges du cotonnier en Panneaux de Particules (VATICOPP). Un projet régional géré par l’Institut National des Recherches Agricoles du Bénin (INRAB) et financé par l’Union économique et monétaire ouest-africaine à travers le CORAF (Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricoles). Il s’agit de la transformation des tiges du cotonnier en panneaux de particules. Bien évidemment, ce n’est pas une première dans le monde. Cette technologie déjà utilisée ailleurs notamment aux Etats Unis et en Inde est depuis 2018, en cours d’expérimentation au Bénin, au Togo et au Mali avec des résultats concluants, grâce au projet VATICOPP.

« A partir des tiges de cotonnier, on peut tout faire : les portes, les chaises, les meubles. Tout ce que nous utilisons dans nos maisons peut être réalisé à partir des panneaux de particules issus des tiges du cotonnier. Donc on peut donner une autre valeur aux tiges de cotonnier », explique, tout heureux, Dr Bassarou Ayeva, Coordonnateur du projet VATICOPP au Togo et par ailleurs le Chef du programme Coton de l’Institut togolais de Recherche Agronomique.

Un avantage économique

A tout point de vue, cette innovation a un avantage économique pour les cotonculteurs notamment. Cela, dans la mesure où, souligne M. Ayeva « il y a donc un revenu supplémentaire qui est tiré de l’activité de production du coton. Les cotonculteurs pourront à la fois maintenant vendre le coton grain et également la tige [mais aussi] en cas de faible rendement, les tiges du cotonnier sont généralement plus grosses, par conséquent ont une valeur marchande plus intéressante pour le producteur. »

Les tiges de cotonnier qui constituent une biomasse importante et disponible après la récolte du coton graine, sont faiblement valorisées et la majeure partie est brûlée lors des travaux champêtres ou encore utilisées comme énergie dans la préparation des repas.  « Au Mali par exemple, l’étude de référence du projet a montré que 49% des tiges produites sont brulées » affirme Dr Amadou Ali Yattara, Coordonnateur national du Projet. Leur valorisation permet donc de générer des revenus supplémentaires pour les producteurs et de lutter contre la pauvreté. »

Basidou KINDA

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